Témoignage

[Belles Histoires] DLA & art contemporain

Vent des Forêts est un centre d’art contemporain d’intérêt national qui explore depuis 24 ans la rencontre fructueuse du monde rural et de l’art contemporain. L’association y porte des projets artistiques ancrés sur son territoire, en invitant et accompagnant des artistes à créer des œuvres d’art in situ, exposées en pleine nature, dans un environnement forestier et agricole ; ainsi le public peut accéder aux œuvres à travers des sentiers de randonnées, et découvrir un patrimoine étonnant mêlant expression artistique et ancrage territorial.

INTERVIEW DE PASCAL YONET,

directeur de Vent des Forêts

Un questionnement autour d’un achat de bâtiment, du sens de cette implantation et des changements de pratiques associés

Fondée en 1997 à Lahaymeix, l’association Vent des Forêts a toujours cherché à ancrer son projet au sein de son territoire. En 2021, les membres de l’association prennent la décision d’acheter un bâtiment au cœur du village, composé d’un corps de ferme et d’un café. « On rachetait une histoire, un bâtiment ». Aussitôt, Vent des Forêts se questionne sur le sens de cette implantation dans le village et au changement de pratiques que cela amènera. C’est dans le cadre de ces réflexions qu’ils contactent Sabine Marchetti, chargée de mission DLA dans la Meuse. « J’avais besoin […] d’avoir un regard extérieur permettant de nourrir nos réflexions. », raconte Pascal Yonet, directeur de Vent des Forêts.

« On avait pris la décision d’acheter, et après ? » – Un accompagnement centré sur la préparation en amont au rachat d’un lieu

Le choix de s’installer dans ce nouveau lieu avait été déterminé par plusieurs besoins : la nécessité de locaux plus grands, mais aussi celle de posséder un lieu permettant d’accueillir et d’intégrer le public. En rachetant ce lieu, Vent des Forêts avait besoin de mieux définir comment ils allaient intégrer ce lieu au cœur de leurs missions, leurs pratiques artistiques.  « Comment ce nouveau métier rentre en phase avec nos nouveaux besoins et reste dans une ligne directrice qui est la nôtre, d’un lieu artistique ? Comment ce lieu devient-il un lieu d’expérience artistique ? », se questionnait Pascal Yonet. Leur souhait était que le café vienne à la fois enrichir la création artistique, mais soit aussi un espace de lien social, pour les nouveaux publics, et à disposition de la communauté.

 L’autre versant des réflexions était plus concret, il s’agissait d’accompagner les changements de pratiques que la gestion du café allait impliquer. « On avait pris la décision d’acheter, et après ? […] Comment on fait, qu’est-ce que cela implique, qu’est-ce que cela va remuer, chambouler ? ». Les membres de l’association n’ayant pas d’expérience dans la gestion d’un café, les prestataires sélectionnés les ont appuyés de façon très concrète à préparer les activités liées à ce nouveau métier, en les aidant à élaborer un rétroplanning de l’ouverture du café, en mettant en place la future gestion des stocks, la comptabilité, et notamment à travers le choix d’un logiciel pour la comptabilité et la gestion des caisses. Ils les ont aussi appuyés dans les réflexions autour de l’intégration des bénévoles dans le fonctionnement du café, comme l’accueil du public, la gestion d’activités marchandes, etc. Suite à une prescription faite par le DLA, il a été décidé de créer un nouvel emploi dédié à la gestion du café.

Un autre aspect de l’accompagnement était la question calendaire : le souhait de Vent des Forêts était d’ouvrir au plus tôt le café sans attendre la fin des travaux des autres bâtiments. « Le DLA nous a permis de mieux penser les moments de phasage calendaire entre des exigences de réhabilitation du bâtiment, des exigences budgétaires, des travaux, et des exigences de commencer à apprendre de l’intérieur ce nouveau métier, d’ouvrir déjà ».

Les points forts de l’accompagnement : mettre au clair les réflexions et devancer les zones de fragilité

 Pour Pascal Yonet, la force de cet accompagnement a été la possibilité de mettre au clair leurs réflexions et de pouvoir devancer les zones de fragilité de l’association. En les aidant à cadrer les échanges et les questionnements, les prestataires les ont aidés à mettre des mots sur leurs réflexions et lister clairement les problématiques. « [Nous sommes arrivés avec] des schémas au début un peu brouillons et arrivés au final à avoir une pensée claire ». Plusieurs mois après la fin de l’accompagnement, il assure se référer encore régulièrement au dossier DLA, s’en servant comme d’un curseur pour évaluer les avancées de l’association par rapport aux différentes décisions prises. « Je chemine encore avec les décisions qui ont été prises, qu’est-ce qui a été fait et pas fait, quelles sont encore les zones d’ombre ».

 A ce jour, le café associatif a ouvert ses portes ; les habitants du village et le public y viennent depuis cet été, car le café est à la fois un point d’accueil pour l’association ainsi qu’un lieu de réunion pour le village, en proposant entre autres des services de proximité pour le village comme le dépôt de pain, la vente de journaux locaux, ou l’organisation d’un marché de Noël.

 « [L’accompagnement DLA] nous a permis d’avancer plus vite. On l’aurait fait, seuls, mais avec moins de rigueur : cela a permis d’accélérer la vision, et donner de l’assurance pour être amenés à accompagner les bonnes décisions, avoir le choix, les différentes options… cela apporte de l’intelligence et de la richesse de réflexion », conclue Pascal Yonet.