[Belles Histioires] DLA & financement participatif

Située dans les Hautes Alpes, Cimalpes, la cinémathèque de Montagne a pour mission de recenser collecter et sauvegarder tous les films tournés en zone de montagne depuis l’invention du cinéma. Au travers de manifestations comme des projections itinérantes et les rencontres de la cinémathèque de montagne, l’association met en lumière ce patrimoine parfois oublié. En 2017, les fondateurs de l’association se mettent à rêver d’un projet un peu fou : réhabiliter l’Usine Badin, une ancienne usine à grain, patrimoine industriel de Gap et des Hautes-Alpes, pour en faire un lieu de cinéma dédié à la montagne. Ils font alors appel au DLA départemental des Hautes-Alpes dans le but de se former au financement participatif. Gilles Charensol, fondateur de l’association, nous explique comment le DLA l’a aidé à atteindre son objectif financier pour réaliser ce beau projet.

INTERVIEW DE GILLES CHARENSOL

Fondateur de Cimalpes, la cinémathèque d’images de montagne

[INSPIRATION]

« Nous avions fait un premier DLA en 2012 où nous avions commandé une étude sur les besoins de la structure. Nous étions à un stade de développement qui nécessitait de se poser les bonnes questions pour pérenniser notre activité et se consolider. La recommandation qui était ressortie est qu’il fallait ouvrir la cinémathèque au public. Ce que nous faisons quelques années plus tard avec le projet de réhabilitation de l’Usine Badin afin de pouvoir organiser des projections et créer un musée sur le cinéma de montagne. »

La première étape du projet est de pouvoir réunir les fonds nécessaires à sa mise en œuvre. Cimalpes possédait un réseau opérationnel pour mobiliser des fonds publics (collectivités, département, région, fonds européens…) Cependant, cela n’étant pas suffisant, la nécessité de mobiliser des fonds rivés s’est rapidement imposé…

« La question que nous nous posions était de savoir comment économiquement, une petite association comme la nôtre allait pouvoir porter ce grand projet de 2,5 millions d’euros. Nous avions vraiment besoin d’être accompagné et nous avons décidé de solliciter à nouveau le DLA. »

 

[ACTION]

Hasard du calendrier, le DLA départemental des Hautes-Alpes proposait un accompagnement collectif sur le financement participatif, dont une formation de cinq jours.

« Nous étions plusieurs associations avec des besoins spécifiques. Les premiers jours ont permis d’apprendre à connaître les autres projets, mais surtout à se connaître soi-même. On réalise qu’on ne se connaît pas toujours très bien et que le regard d’autres structures sur notre organisation est très important. Si au départ, nous ne comprenions pas très bien l’enjeu, nous avons rapidement réalisé que pour utiliser l’outil de financement participatif, il faut être capable de se raconter. »

La seconde partie de la formation portait sur les outils opérationnels et les méthodologies concrètes. Cilmalpes a ensuite pu bénéficier d’un accompagnement individuel pour affiner un plan d’action et entamer la collecte. À cette occasion, l’association a pu découvrir de nombreux projets qui avaient aussi eu l’expérience du financement participatif. Ce retour d’expérience a permis d’éviter les pièges et de « garder les pieds sur terre ».

 

[CAPITALISATION]

« L’objectif que nous nous étions fixé était de 120 000 euros : 40 000 euros venant de particulier et 80 000 d’entreprises ou de fondations. Nous avons, aujourd’hui quasiment réuni la somme que nous espérions. C’est un beau succès ! »

Seule ombre au tableau pour l’association, les fondations n’ont pas répondu positivement à la demande de financement alors qu’elles étaient le cœur de cible de la campagne. Le projet n’intéressait pas les fondations, car il ne touchait pas de publics spécifiques. Sur 110 fondations, une seule a décidé de financer le projet.

La conclusion de cette belle aventure est de toujours rêver grand, avoir les pieds sur terre, ne jamais renoncer et savoir bien s’entourer. Ce rêve de cinémathèque-musée, née en 2012, a connu de nombreux aléas.

« Depuis sept ans, la structure est passée par de nombreuses phases : des très hauts des très bas. Nous avons parfois abandonné, puis repris. Mais nous avons persévéré. Pour une petite association comme la nôtre, les temps sont durs. Si on ne se projette pas dans de nouveaux projets tout en étant accompagné, nous risquons de disparaître. »

Selon Gilles Charensol, l’accompagnement a été très important, car il a permis au-delà de la collecte de fond, de mettre en forme le projet. Cela a permis aussi à l’équipe de se retrouver, et même de s’agrandir avec l’embauche d’une nouvelle personne.

« Nous avions sollicité le DLA sur un point précis et nous sommes ressorti avec une vision globale de ce que sera la cinémathèque demain. »