DLA & ODD : objectif 5 : encourager l’égalité femmes-hommes !

Dans le DLA de l’Ain, Emeline Bertin, chargée de projet ESS, et son équipe ont mis en place un accompagnement collectif sur le thème de l’égalité femmes-hommes. Prenant conscience de la priorité et de la transversalité de cet enjeu, elle nous propose de nous donner ses premières analyses, pistes et conseils pour que le DLA puisse se saisir de cet ODD à tous les niveaux !

INTERVIEW D’ÉMELINE BERTIN

DLA de l’Ain

[INSPIRATION]

L’idée d’un accompagnement collectif sur le sujet est venue à la fois d’une intuition et d’un contexte. Au sein de sa structure, Emeline et son équipe avaient depuis quelques temps relevé un manque de représentativité des femmes dans les conseils d’administration et une invisibilité de la question dans l’accompagnement. En parallèle, deux enquêtes sur le sujet étaient portées : une à l’échelle du département de l’Ain et une à l’échelle nationale par l’observatoire de l’égalité hommes-femmes dans l’ESS.

« La question de l’égalité femmes-hommes fait partie intégrante de nos missions d’accompagnement. Nous devons aider les associations à prendre conscience qu’elles doivent se pencher sur la question pour répondre à leur mission de transformation sociale. »

Le plan d’action a été de travailler sur 3 axes :

  1. Observation : des réflexions globales ont été menées au sein de la structure y compris sur la possibilité d’intégrer cet enjeu dans le diagnostic partagé.
  2. Sensibilisation: l’équipe a organisé une soirée thématique regroupant une cinquantaine d’acteur.rice.s sur le thème « L’Association a-t-elle un sexe ? »
  3. Accompagnement: l’accompagnement collectif a été choisi pour mettre en œuvre de manière plus approfondie et continue le travail de conscientisation sur cet objectif.

« Nous voulions créer un déclic qui poussent les structures à passer de l’intérêt pour la question à la prise de conscience par la sensibilisation puis à l’engagement concret. »

[ACTION]

L’accompagnement collectif, un format adapté

L’accompagnement porté par le DLA de l’Ain était programmé sur deux journées (une en mars et une en décembre prochain) et une demi-journée en individuelle.  Il a rassemblé 12 participant.e.s : 6 hommes et 6 femmes. Ce format a été choisi afin de s’appuyer sur le collectif et encourager une réflexion à la fois globale et individuelle sur le sujet. La force du groupe est de permettre à chacun.e de trouver un espace où il/elle peut s’exprimer et s’interroger sur le travail qu’il/elle a à faire pour atteindre son objectif. De plus, cela évite de se focaliser sur des approches trop personnelles qui génèrent des crispations.

« L’objectif de cet accompagnement est d’encourager la prise de conscience individuelle poussée par la réflexion collective. »

Zoom sur les effets positifs

Les structures ont pris la mesure de l’enjeu et ont commencé à mettre en place des actions concrètes dans leurs structures. Le président d’un club de randonné, par exemple, a décidé de proposer des temps de sensibilisation à ses adhérents.  Dans un club de foot, les dirigeant.e.s souhaitent animer des formations auprès des futurs entraineur.euse.s.

 

Quelques points de vigilance

Les structures qui participent à ces temps de réflexion sont en général déjà sensibilisées à la question. Cependant, il ne faut pas le voir comme une fatalité mais comme une opportunité de les faire basculer de l’intérêt à l’action.
Le fait que souvent dans les structures, une personne soit responsable de cet enjeu, pose aussi problème : il faut réussir à l’ancrer dans les statuts et que la question soit portée de manière collective.

Enfin, il faut toujours penser de manière inclusive et ne pas tomber dans des débats trop pointus afin que chacun.e, peu importe son niveau d’engagement sur la question, trouve un espace de réflexion où le jugement n’est pas admis.

[CAPITALISATION]

Le DLA de l’Ain va poursuivre son accompagnement avec une nouvelle session en décembre et retire déjà de nombreux apprentissages et convictions de cette première expérience :

« C’est important que le DLA puisse être en capacité d’accompagner les structures sur des enjeux de société pour être en accord avec les valeurs défendues dans l’ESS. On accompagne beaucoup sur des sujets techniques tel que la structuration du modèle économique ou le management mais nous devons aussi porter des questions plus transversales pour aider nos bénéficiaires à défendre des valeurs qu’ils/elles ont parfois du mal à appuyer au quotidien. »

A RETENIR : Les 3 points clés :

  1. L’accompagnement collectif permet de décentrer les individus de leur situation personnelle dans un espace de bienveillance où des questions, relevant parfois de l’intime, trouvent écho dans une réflexion plus large. Pour cette question parfois sensible, le collectif est une force car il permet aussi de démultiplier l’impact de l’accompagnement (chaque structure pouvant par la suite « faire passer le message » auprès d’autres.
  2. S’entourer d’un réseau d’acteur.rice.s spécialisé.e.s sur le sujet permet de ne pas tomber dans un accompagnement stéréotypé et stéréotypant et de bien comprendre en interne les enjeux.
  3. S’armer de patience est la clé. En terme de mobilisation, si ça ne marche pas du premier coup, il faut réitérer. C’est un travail de long-terme.

 

 

Pour aller plus loin :

Retrouvez l’étude de l’observatoire sur l’égalité femmes-hommes dans l’ESS : https://www.avise.org/ressources/egalite-femmes-hommes-dans-less